mardi 6 septembre 2016

La Rage de Zygmunt Miloszewski

Teodore Szacki est procureur à Olstyn, une petite ville polonaise réputée pour ses onze lacs, mais vraisemblablement pas pour son beau temps et sa chaleur. Après avoir vécu et travaillé à Varsovie, la différence est grande pour Szacki ! Il vit maintenant avec Zenia, sa compagne, et sa fille Hela, issue d'un premier mariage. Leurs relations sont un peu compliquées, autant dire que la vie à la maison n'est pas de tout repos ! Alors qu'au travail, c'est plutôt calme... jusqu'à la découverte d'un squelette que l'on croit être celui d'un Allemand oublié à la fin de la guerre. Une véritable enquête démarre pour Teodore Szacki, une enquête qui l'emmènera bien au-delà de ce qu'il pensait !
 
Le début de l'histoire est un peu lent, et l'intrigue longue à démarrer, mais petit à petit le suspense monte quand on découvre les différents éléments de l'histoire. Il y a parfois de longues descriptions mais on en apprend un peu sur l'histoire et la vie quotidienne en Pologne. Mais ce qui m'a le plus plu dans cette histoire, c'est le personnage de Teodore Szacki : un procureur intransigeant, intègre, qui ne perd pas son temps dans les bonnes manières et les discussions futiles. Pourtant, il est parfois envahi d'une certaine lassitude, voire de rage, devant sa hiérarchie, les lourdeurs administratives et parfois même envers ses compatriotes. C'est le premier roman de Zygmunt Miloszewski que je lis, mais il s'agit du troisième avec Teodore Szacki. Même s'il peut se lire indépendamment des premiers, j'ai bien envie d'en savoir plus sur ce personnage !

mardi 9 août 2016

[Livre audio] Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulai

C'est un roman qui commence par une banale rupture, la fin d'une histoire d'amour vue et revue : Bérénice aime Titus mais Titus ne veut pas quitter sa femme Roma et ses enfants. Bérénice se tourne alors vers le spécialiste du chagrin d'amour, l'auteur qui a écrit les plus belles tragédies d'amour non-réciproque : Jean Racine. Elle se plonge dans son œuvre, dans ses textes, lit et relit ses plus beaux vers et veut comprendre comment il a pu si justement parler d'amour. 

Alors on bascule dans l'histoire romancée de la vie de Racine. On y découvre Jean, orphelin, au monastère de Port-Royal, qui suit les cours des plus grands de son temps, Claude Lancelot, Antoine Lemaistre et surtout Jean Hamon, et qui reçoit une solide éducation littéraire et religieuse. On y découvre sa passion pour les langues, son talent pour les traductions du latin au français, son goût pour les textes anciens dits "subversifs", sa vivacité d'esprit qu'il utilisera plus tard dans les salons mondains et auprès du roi Louis XIV. Plus qu'une biographie d'un des plus grands dramaturges classiques, Titus n'aimait pas Bérénice est un roman sur la naissance et le développement d'un grand esprit, qui écrira si bien la passion amoureuse, au cœur du 17e siècle.

Nathalie Azoulai a une écriture fluide et limpide, qui porte à merveille l'histoire romancée de Racine. On se laisse emporter par la musique et la poésie de son style avec beaucoup de plaisir. Grâce à une opération Masse Critique Babelio et Audible, j'ai pu découvrir ce roman en livre audio. C'est ma première expérience de lecture audio car j'ai longtemps hésité à tester : comment écouter un livre audio ? En faisant autre chose ? En se concentrant uniquement sur le texte ? Pour ma part, il m'était difficile du suivre le fil du récit en faisant autre chose et écoutant sur ma tablette, la tentation d'aller lire mes mails/faire un tour sur Instragram/Pinterest/Internet était assez forte. Alors j'ai posé ma tablette à côté de moi et j'ai tricoté pour occuper mes mains. Et là, le texte lu par Elsa Lepoivre de la Comédie Française, s'écoule en toute tranquillité et rend justice aux mots de toute beauté de Nathalie Azoulai. Voilà une expérience fort intéressante que je ne manquerai pas de poursuivre un jour ou l'autre !

lundi 25 juillet 2016

L'héritière de Hanne-Vibeke Holst

Charlotte Damgaard ne s'y attendait pas du tout ! Prête à partir en Afrique avec ses deux enfants pour suivre son mari Thomas qui a obtenu un nouveau travail, elle reçoit un appel du Premier ministre danois qui lui propose de devenir ministre de l'écologie. Impossible de refuser cette opportunité pour Charlotte, alors présidente de l'association des Amis de la Nature. Plongée au cœur du gouvernement, elle y découvre les fondements de la politique, des alliés mais aussi des ennemis, et va devoir concilier son nouveau travail et sa vie familiale, mise en danger par les scandales médiatiques.

Charlotte Damgaard est une héroïne presque parfaite : elle est belle, jeune, dynamique, veut rendre le Danemark meilleur, mais elle ne connait pas encore tous les rouages de la politique et fait face à un front de conservateurs que ne voient pas d'un très bon œil cette femme, trop jeune et trop... femme. Alors Charlotte fait des erreurs, craque, se relève et cela la rend profondément humaine et attachante. Sans compter que le lecteur est aussi plongée dans vie familiale, avec Thomas qui se sent écarté et ses enfants délaissés. On ne peut qu'admirer cette héroïne forte et sensible, séductrice quand il faut et toujours intelligente. Nous ne sommes pas les seuls, car Charlotte Damgaard est populaire auprès des Danois, les électeurs, ce qui ne la rend pas, au contraire, populaire auprès des autres membres du gouvernement...

L'auteur nous plonge au cœur du gouvernement danois avec ses intrigues, ses coups bas, ses manigances, ses alliances fragiles... On y suit la vie d'une ministre, et le roman, très bien documenté, semble s'approcher au plus près de la réalité, avec en outre l'ajout de faits historiques (comme la mort de Carlo Giuliani à Gênes par exemple). Si vous aimez les séries politiques du type Borgen, ou encore House of Cards (bien que ce roman soit beaucoup moins cynique), vous trouverez dans L'héritière, un bon page-tuner, idéal pour les vacances d'été ! A enchainer avec sa suite, Le prétendant.